SIP : Quel est le rapport entre la nature et l’architecture dans ton travail?

A.S. : J’ai fait des études universitaires d’art et de géologie. J’ai toujours recherché la façon de donner à voir des paysages cachés dans différentes régions géographiques en conjuguant mes connaissances. Mon intérêt pour l’architecture est né dans la création de site-specific qui répondent à la trame interne et externe des bâtiments.

Au cours des dernières années, j’ai effectué des résidences dans les pays scandinaves: Norvège,  Suède et Islande.  Ces séjours ont fait grandir ma passion pour le design et m’ont permis à la fois d’approfondir ma connaissance de ce qui se fait sur place et de découvrir la géologie du lieu.

La photo qui est à l’origine de El campo de hielo a été prise en Patagonie. Devant les glaciers, j’ai été débordée par l’ampleur de cette merveille naturelle. La structure cristalline complexe de la glace et des roches environnantes n’est pas visible à l’œil nu. J’ai rendu visibles les formes de ces structures dans l’exposition à côté des roches collectées dans la région.

Quel est ton processus de travail?

Ma pratique consiste à rechercher et à photographier des lieux. Dans la sérigraphie, je mets en lien l’image du lieu et des formes géométriques qui font référence à l’architecture ou à la structure particulière de cet environnement. Je travaille sur notre rapport au monde physique. Je veux montrer comment l’architecture de nos villes reflète l’humanité de ceux qui les ont conçues, construites et habitées.

Et c’est cette recherche qui fait sortir des éléments du cadre de l’image?

C’est excitant d’aller au-delà du cadre qui contient le dessin et qui est censé le définir comme une œuvre d’art. Ainsi, le récit est perpétué.

Le spectateur a une place spécifique dans certaines pièces.

Je veux encourager une nouvelle façon de regarder. Je veux que le spectateur trouve un récit alternatif au sein d’une image. J’essaie d’engager le spectateur dans un récit sous-jacent en superposant des formes géométriques. J’installe les objets dans l’espace d’exposition selon une perspective réfléchie en fonction du point de vue du spectateur afin qu’il trouve une place précise à l’intérieur de l’objet.

Est-tu critique de ton propre travail?

De nombreux artistes sont critiques de leur pratique et c’est un moyen positif d’aborder le travail. Ma critique s’installe dans le processus de prise de décision. J’utilise souvent une partie d’une œuvre antérieure à la manière d’une appropriation. Cela me permet d’avoir une continuité dans la même idée.

 

Voici les photos de l’expo Assemblage #6: https://spaceinprogress.com/works/assemblage-6-le-degel/